''Le Djaniat ... Le jardin de Dieu''. Un livre hommage pour aider les enfants afghans
Le Djaniat... le jardin de Dieu/The Djaniat... the garden of God
Illustration: Rudy Van Giffen/Copyright: Monique Decamps
L'indépendant (France)
25 mai 2003
Par Lionel ORMIERES
Avec "Le Djaniat... Le jardin de Dieu", Monique Decamps signe un salut poétique au commandant Massoud, principal opposant des Talibans. Pour la bonne cause.
"Un peu timide.". Monique Decamps préfère prévenir: la dame est plus à l'aise la plume à la main qu'un micro devant la bouche. Parler de sa personne et de son oeuvre, très peu pour elle. Jusqu'à ce que la passion prenne le pas sur le caractère.
Découvrir l'homme derrière le guerrier
C'est qu'elle y tient à son dernier ouvrage. "J'ai écrit des tas de choses jusqu'ici mais aucune n'a été aussi douloureuse à rédiger que ce livre", confie Monique Decamps. Grande spécialiste de Raymond-Roger Trencavel, vicomte de Carcassonne et figure de l'indépendance occitane, elle laissa un temps son personnage de prédilection pour se pencher sur un autre martyr plus contemporain: le commandant Massoud. "Il fut l'opposant principal du régime des Talibans en Afghanistan" rappelle l'auteur. Assassiné peu avant les attentats du 11 septembre 2001, les médias braquent enfin (trop tard ?) leurs caméras sur ce résistant tombé en plein combat. Monique Decamps connaissait alors le guerrier mais décide de découvrir l'homme. Elle achète livres, documentaires et enregistre le moindre reportage évoquant ses faits et gestes. "J'ai étudié le personnage" résume l'intéressée. Le résultat tient en 40 pages. Et un titre: "Le Djaniat... Le jardin de Dieu".
L'appellation même préfigure une approche du personnage bien différente des biographies gorgées de géopolitique. "Massoud était avant tout un poète", insiste Monique Decamps. Les rimes s'imposent vite d'elles-mêmes. Mais l'auteur va plus loin. "J'ai voulu mettre à jour sa force spirituelle", explique-t-elle. L'écrivain décèlera ainsi un "religieux tolérant" recevant à la même table athées, musulmans ou juifs. Le vibrant hommage poétique se double alors d'un appel au respect. Et au rêve.
Exclusivement caritatif
Car Monique Decamps ne se contente pas de soigner le rythme des mots et leur sonorité. Chaque poème s'enchaîne logiquement et forme une histoire imaginaire, fable onirique et belle où le lecteur suit le commandant Massoud jusqu'au fameux "Djaniat". Evidemment tout est métaphore. Le prélude du livre parle de lui-même: "Un hommage qui se veut différent". Guerre, politique, haine, fanatisme... Toutes ces notions sont volontairement exclues pour laisser place au profond humanisme d'un être tourné vers la paix et la liberté. Un message fraternel, vibrant et singulier au risque de paraître naïf aux adultes les plus désabusés. Qu'importe: Monique Decamps s'adresse avant tout aux enfants et à leur innocence. "Ce sont eux les espoirs de demain", affirme-t-elle.
Aux grands de leur montrer que l'humanité sait aussi être belle.
Cette beauté commence par des gestes tels que celui de l'écrivain: "Le Djaniat... Le jardin de Dieu" est exclusivement caritatif. "Tous les bénéfices de l'ouvrage reviendront à l'association Noor, pour la poursuite de son programme en Afghanistan", insiste Monique Decamps. Une première bonne raison de débourser 10 euros.
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